06 juin • 15 novembre 2026
vernissage • vendredi 5 juin à 18h
Commissariat : Fabienne Grasser-Fulchéri, directrice de l'eac.
—
partenariats média
—
Artistes : Virginie Barré,
ainsi qu'une sélection d'œuvres des artistes de la collection Albers-Honegger : Max Bill, Matti Braun, Marcelle Cahn, Sonia Delaunay, Tatiana Loguine, Ingeborg Lüscher, Aurelie Nemours, Meret Oppenheim, Gerrit Thomas Rietveld, Wilhelm Wagenfeld, Peter Wigglesworth...
Artiste active depuis le milieu des années 1990, Virginie Barré déploie un univers où la mise en scène théâtrale joue un rôle central. Sa pratique est pluridisciplinaire et mêle dessin, sculpture, installation, en passant par la bande dessinée et le cinéma.
Son travail explore les thématiques du rêve, du danger et de la frontière fragile entre réalité et fiction. Nourrie de références historiques et artistiques, sa démarche se distingue par une ironie subtile, donnant lieu à des scènes de tragédies en suspens où la mort et le grotesque s’entrelacent.
Son œuvre procède d’une remise en jeu particulièrement agile et féconde des formes et des récits, dans une approche de l’abstraction à la fois joyeuse et colorée, toujours ouverte à de nouvelles lectures et temporalités.
Sa pratique dialogue donc étroitement avec le cinéma. Des films comme Le rêve géométrique ou Nos corps sont des rivières (2022) proposent une vision élargie de l’abstraction géométrique, dans un esprit de comédie musicale évoquant parfois celui de Agnès Varda ou de Jacques Demy. On y retrouve un univers très coloré, traversé de formes géométriques, de ballets et de costumes, dans une esthétique qui fait également écho à l’esprit du Bauhaus, à partir d’un vocabulaire formel simple et de couleurs primaires. Mettre les formes en mouvement, les activer, constitue ainsi un principe central de son travail.
Ce principe se prolongera au sein de l’exposition Absolue de rose présentée dans la galerie du château où l’artiste a conçu un projet en résonance avec le site, sensible notamment au travail paysager de Gilles Clément dans le parc.
Le titre de l’exposition Absolue de rose renvoie, dans le vocabulaire de la parfumerie, à l’essence la plus concentrée, patiemment extraite de la fleur. À Mouans-Sartoux, la rose de mai était cultivée pour sa fragrance rare dont on en tirait l’absolue, cet extrait pur et dense. Les graines, les fleurs et les formes végétales traversent la pratique de l’artiste depuis plusieurs années. Elle les cueille, les peint, les collecte et les représente, conservant ainsi la mémoire du vivant, du geste et du temps.
Présentée à l’eac., Absolue de rose s’inscrit dans l’histoire du lieu, entre abstraction et expérience sensible. Elle développe actuellement de nouvelles pièces en collaboration avec des artisans, autour de la création de perles en terre cuite. Ce processus, fait d’allers-retours, donne naissance à des modules à la croisée de la sculpture et de l’installation, en résonance avec ses recherches autour du costume, de la danse et de la performance.
De nouveaux personnages souples, en tissu, dans la lignée des mannequins des années 2000 apparaissent sous le titre Les sentinelles de la joie, des drapeaux portant les couleurs et les mots d’une comédie musicale La plage des dames en cours d’écriture, tandis que des colliers surdimensionnés en perles de buis et de porcelaine déploient leurs rythmes et leurs variations, des vêtements-œuvres peints, pour le travail d’atelier comme pour aller à la plage, une baguette magique et quelques talismans viennent ponctuer cet ensemble, des dessins aquarellés se développent en écho aux artistes Sophie Taeuber-Arp, Charlotte Perriand, Valentine Schlegel.
Par ailleurs, profondément inspirée par la collection Albers-Honegger, Virginie Barré souhaite pour cette exposition, « à sa manière de composer avec le vivant, les couleurs et les matières », émailler sa proposition d'une sélection d'œuvres de la collection Albers-Honegger, pour engager la conversation. Une sélection d’artistes engage un dialogue fécond entre sa pratique et les œuvres de la collection, notamment avec les artistes femmes Meret Oppenheim, Aurelie Nemours, Sonia Delaunay ou encore Marcelle Cahn, dans une attention portée à des champs parfois minorés tels que les arts décoratifs, l’illustration ou les arts appliqués.
Absolue de rose propose un mélange des genres où le domestique côtoie l’art, où le quotidien est étroitement intriqué à la pratique artistique, particulièrement lorsque l’on est artiste, femme, mère. L’exposition s’annonce ainsi comme une proposition particulièrement vibrante et riche de nouvelles perspectives.