Histoire

donation Albers-Honegger, oeuvres de Alan Charlton et Richard Long © eac

donation Albers-Honegger, oeuvres de Alan Charlton et Richard Long © eac

donation Albers-Honegger, oeuvres de François Perrodin et Bernar Venet © eac

donation Albers-Honegger, oeuvres de Auguste Herbin, François Perrodin, Bernar Venet et François Morellet © eac

donation Albers-Honegger, oeuvre de Bernard Aubertin © eac

donation Albers-Honegger, oeuvre de Bernard Aubertin © eac

donation Albers-Honegger, oeuvre de François Morellet © eac

donation Albers-Honegger, oeuvre de François Morellet © eac

donation Albers-Honegger, oeuvre de John McCracken © eac

donation Albers-Honegger, oeuvre de John McCracken © eac

donation Albers-Honegger, oeuvre d'Aurelie Nemours © eac

donation Albers-Honegger, oeuvre d'Aurelie Nemours © eac

Le site du Centre national des Arts plastiques propose une base de données de l’ensemble de la Donation Albers-Honegger.

Il est consultable sur le lien suivant : 
Collection en ligne / Centre national des arts plastiques

Faire une demande de prêt :
http://www.cnap.fr/faire-une-demande-de-prêt

La donation Albers-Honegger

La donation Albers-Honegger est une collection unique en France, classée Trésor National. Elle offre au public un ensemble de 621 œuvres représentatif des multiples tendances de l’abstraction géométrique. Cette richesse favorise un dialogue permanent entre des œuvres venues d'horizons différents, entre des propositions théoriques et des contextes sociologiques et politiques spécifiques.

La donation Albers-Honegger rassemble les œuvres données à l’État français par Gottfried Honegger et Sybil Albers, auxquelles se sont ajoutées les donations d'Aurelie Nemours, de Gilbert Brownstone et les dons de plusieurs autres artistes. L'ensemble est inscrit sur l'inventaire du Centre national des arts plastiques et déposé à l'Espace de l'Art Concret.

Si le cœur de la collection s'est construit autour des grands noms de l'art concret suisse (Max Bill, Richard Paul Lohse, Camille Graeser, Gottfried Honegger) et français (Bernard Aubertin, Jean-François Dubreuil, François Morellet, Aurelie Nemours), les collectionneurs ont su resituer cet ensemble dans la longue histoire de l'art abstrait européen depuis 1900. Ainsi l'art concret se trouve en germe dès les premières années du XXème siècle comme l'illustrent les œuvres de Augusto Giacometti (1905), Georges Vantongerloo (1921) ou encore celles de Sonia Delaunay (1925-1929) et Frantisek Kupka (1932-1933).

Fidèles à l'esprit d'universalisme de l'art concret, les collectionneurs n'ont pas circonscrit leur collection à une déclinaison d'œuvres purement géométriques. Ils en ont ouvert la portée par une réflexion sur les prolongements les plus marquants, parfois surprenants, que le XXème siècle a produits, faisant de leur collection une œuvre à part entière.

S'il semble aujourd'hui évident que les principaux acteurs du minimalisme et de l'art conceptuel soient représentés dans le fonds permanent (avec Joseph Beuys, Daniel Buren, Alan Charlton, Richard Long, Helmut Federle, Imi Knoebel, Olivier Mosset, Bernar Venet, Franz Erhald Walther pour l'Europe, ou encore Carl Andre, Robert Barry, Dan Flavin, Donald Judd, Joseph Kosuth, Richard Serra pour les États-Unis), la présence d'artistes liés à l'arte povera (Manzoni), au mouvement support-surface (Claude Viallat) ou encore au Nouveau Réalisme (Tinguely) apparaît moins évidente. Elle témoigne pourtant de l'esprit visionnaire des deux collectionneurs qui ont choisi d'explorer les principes rigoureux de l'art concret à l'aune des pratiques picturales les plus radicales de la deuxième moitié du XXème siècle.

Ce regard libre, presque impertinent, est le fondement même de cette collection amplifiant sa portée historique par la découverte de territoires inattendus.

Cette collection est aussi le fruit d'une histoire, celle de Gottfried Honegger, artiste suisse parti lui-même à la conquête du langage géométrique au début des années 1950 et de Sybil Albers, sa compagne. Zurich, Paris, New-York sont les premières étapes de ce long parcours. Les rencontres, les amitiés se dévoilent subtilement à la lecture de la collection. La boîte de Soup Campbell dédicacée par Andy Warhol, les œuvres de Sam Francis et Kimber Smith rappellent les liens indéfectibles de Gottfried Honegger avec les États-Unis. Les œuvres de César ou d’Yves Klein témoignent, elles, des relations privilégiées avec la France.

Sybil Albers et Gottfried Honegger sont restés sensibles à la création contemporaine ouvrant leur collection aux jeunes générations et à des pratiques moins traditionnelles.

Les œuvres de Raphaël Julliard, Dominique Dehais font écho à l'aspect sériel de l'art concret comme à l'implication sociale de l'artiste. Les peintures-peaux de Cédric Teisseire comme les tableaux chewing-gum de Dominique Figarella poursuivent la réflexion sur le principe de matérialité de l'œuvre et la remise en cause du geste pictural lui-même. Quant aux œuvres de Laurent Saksik, elles ouvrent la collection à des formats moins intimes, interrogeant l'art dans sa fonction d'installation, hors du cadre domestique.

Enfin, Sybil Albers et Gottfried Honegger ont réuni un ensemble exceptionnel de design, et notamment de sièges (fauteuil Paimo de Alvar Aalto, fauteuil Wassily de Marcel Breuer, chaise Wiggle side de Frank O.Gehry, chaise Panton de Verner Panton...) témoignage éclatant de la conception démocratique de l'art voulue par les initiateurs de ce mouvement et de ses implications collectives et sociales.